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Filip MIRAZOVIC        Biographie        Textes        Presse       

Depuis 2009, je peins des scènes composites, mêlant paysages, intérieurs et sporadiquement figures humaines.
Dans ces compositions, les échelles et les proportions sont symboliques, chaque élément étant proportionné selon sa signification et son rapport au sujet.
L’écriture picturale est assez classique et elle se nourrit pour beaucoup de Baroque et des peintures de la fin du 19ème siècle. Mes références contemporaines comprennent essentiellement des artistes dont le medium principal n’est pas la peinture tels que : Chris Burden, Anne et Patrick Poirier, Jake et Dinos Chapman ou encore Gordon Matta-Clark

L’imagerie et la narration empruntent à la fois au passé (paysage allégorique, scènes de genre) et au présent  (industrie, énergie, transports, cinéma, propagande). Ma démarche est assez engagée, elle vise à apostropher le conservatisme occidental (notamment dans les sphères du pouvoir économique et politique) face à l’avenir.  Je cherche à pointer les fragilités récurrentes  de cette société, entre autres les façons dont elle menace elle-même la persistance de son modèle.
Je cherche à mettre en scène ceci d’une des façons les plus intelligibles pour cette société, dans une facture classique. Je laisse déraper de temps en temps  la matière et le support, sanctionnant l’idée de doute, à mon sens irrémédiablement installée par les avant-gardes, y compris dans les expressions les plus classiques.

Pour l’heure, mes compositions présentent des lieux clos (d’hypothétiques lieux de pouvoir) envahis par un  paysage aux proportions et aux contenus variables. Ce paysage apparaît entreposé dans le lieu (l’intérieur)  comme s’il avait été soustrait, privatisé.
Je m’aventure progressivement dehors, dans le paysage et dans les figures, mais reste pour l’instant dans la maison grand - bourgeoise, imaginant les pièces et les couloirs d’une demeure riche, qui sent le gaz et qui prend l’eau. 

Filip Mirazovic


Usurper’sRealm
Les intérieurs bourgeois, symbole du pouvoir, sont envahis par des paysages tourmentés, évoquant des catastrophes écologiques causées par l’homme.

Filip Mirazovic s’inscrit dans la lignée des maîtres anciens par l’usage de la figuration et de la narration. Il se réfère à l’imagerie du passé (paysage allégorique, scène de genre) à laquelle il associe des éléments du présent (transports, cinéma, industrie, énergie). Il réalise des tableaux de grand et moyen formats représentant des paysages et des scènes d’intérieur. Ses compositions aux sujets plutôt sombres traduisent le regard acerbe qu’il porte sur les civilisations occidentales.

Usurper’sRealm est un ensemble de toiles de facture classique aux formes souples et intuitives ; la majorité des pièces ont été composées pour l’exposition Vues. Sur chaque toile, le peintre orchestre une curieuse – et inopportune – rencontre entre deux univers : des intérieurs bourgeois, intimistes et dénués de toute présence humaine, sont envahis par une nature rocailleuse inhospitalière.
Les espaces intérieurs du pouvoir sont ainsi investis par des paysages tourmentés, témoins des catastrophes écologiques causées par l’homme. Dans cet espace reconstruit, l’irréalisme des échelles souligne la nature éminemment symbolique des objets ; en référence aux productions du Moyen Âge, leur taille se révèle proportionnelle à leur importance.

La démarche engagée de Filip Mirazovic vise à apostropher le conservatisme occidental (notamment dans les sphères du pouvoir économique et politique) et à l’interroger sur l’avenir de notre société.

L’homme et son confort dominent ici clairement la nature qui, néanmoins, commence à se rebeller. En laissant s’immiscer les catastrophes écologiques dans les appartements du pouvoir, l’artiste pointe les fragilités récurrentes de notre système menacé par la persistance de son modèle et de ses élites.


Laurence Germond de Coal