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Mariano ANGELOTTI        Biographie        Textes         

Peut-être ai-je dans le sang une maladie incurable, celle de vouloir emprisonner mes souvenirs. Je viens d'une lignée d'immigrés italo-argentins, enclins à l'exil et de là entre autre viens le fait que mes tableaux pour la plupart sont des souvenirs, au sens strict du terme. Je dessine d'après nature et de retour à l'atelier, il s'agit pour moi de retrouver ce qui m'a ému, fasciné, ce que j'ai aimé. Faire monter à la surface le souvenir de la chose contemplée, pour qu'il vienne (le souvenir) prendre la place de ce qui fut. La mise en forme du souvenir des choses vues est forcément déformante, il opère une métamorphose vers un monde intime, vers un paysage intime…

Il m'est toujours difficile de mettre en mots mon simple travail de peintre, beaucoup de choses ont été dites, de très belles, des profondes et des intellectuelles même. Je dirai que pour moi peindre c'est représenter le souvenir, le convoquer. Quand je pense à cette histoire de souvenir, c'est Corot qui me vient à l'esprit, ne peignant à la fin de sa vie que des souvenirs de paysages vus et peints par lui jadis. Cela me plaît d'imaginer Corot revisitant ses paysages les chargeant de mythologies intimes, son pinceau à la main pénétrant les strates du souvenir…